L’ESH est en prépa ECG une matière redoutée par bon nombre d’étudiants au vu de son importance en termes de coefficients et tant les connaissances qu’il faut accumuler semblent être infinies.

Un élève sérieux peut alors rapidement se retrouver submergé et perdre du temps précieux à apprendre des informations “inutiles”, ce qui a été mon cas en début de première année ! Cet article vise justement à t’éviter cela en te mettant en garde face aux erreurs que tous les étudiants font en rentrant en prépa.

La méthode que je vais te présenter est notamment fondée sur le logiciel Anki et te permettra d’apprendre intelligemment des arguments précis d’auteurs et des chiffres percutants que tu pourras réellement utiliser le jour des concours !

Je m’appelle Gauthier Geiss et j’ai intégré HEC Paris en 2023 en atteignant la 3e place aux concours alors que rien ne me destinait à de tels résultats. Ma méthode de travail m’a permis d’obtenir 18,5 en ESH mais aussi de libérer du temps pour les autres matières et assurer un 20 en maths et un 18 en CG. Dans cet article, tu trouveras tous les conseils et astuces pour cartonner en ESH sans forcément être passionné d’économie ou y consacrer 4 heures de travail par jour !

1) ESH ou Géopolitique ?

Avant de rentrer en prépa ECG, tu devras faire deux choix qui détermineront ta filière :

• « Mathématiques Appliquées » ou « Mathématiques Approfondies »

• « Géopolitique » ou « Économie, Sociologie et Histoire du monde Contemporain » (ESH)

Pour ce qui est du choix entre mathématiques approfondies et mathématiques appliquées, je te redirige vers cet article qui te donnera plein de conseils pour t’aider : lien article « Maths en Prépa ECG : Les secrets d’un étudiant d’HEC Paris »

Concernant le choix entre ESH et Géopolitique, je tiens d’abord à rappeler qu’il n’y a aucun prérequis pour ces matières. Ainsi, quelqu’un qui n’a pas pris la spécialité SES en Terminale peut très bien s’en sortir en ESH (et inversement).

Comment choisir alors ? Je te conseille fortement de choisir la matière pour laquelle tu as le plus d’intérêt, peu importe la spécialité que tu as gardée en Terminale ou le choix entre les mathématiques approfondies ou appliquées que tu envisages pour ta prépa. Certains conseillent de choisir Géopolitique si tu prends maths approfondies car la charge de travail y est réputée moins élevée.

C’est pour moi une erreur si tu es passionné d’ESH ! Il faut bien que tu réalises que tu auras entre 7 et 8 heures de cours par semaine dans ces matières. Ajoutes-y le travail personnel et tu te rendras vite compte que tu passeras une grosse partie de ton temps à plancher sur l’économie ou la géopolitique. Or, il n’y a rien de pire que de travailler une matière que tu n’aimes pas !

Une bonne idée est aussi simplement de lire la suite de cet article et notre article dédié à la géopolitique pour te faire une idée plus précise des attendus de ces matières.

2) Prépa ECG comment formuler ses voeux Parcoursup ?

Toute la période de choix des voeux sur Parcoursup a été vraiment stressante pour moi. Je ne savais pas exactement comment le système marchait, ni quels voeux formuler pour optimiser mes chances d’intégrer une bonne prépa (d’autant plus que j’étais la première année de la réforme !). Voici donc quelques conseils pour t’éviter de te retrouver dans la même situation.

Sur Parcoursup, tu as la possibilité pour chaque prépa de postuler pour toutes les combinaisons proposées par l’établissement, sans que cela compte comme un voeu supplémentaire (certains établissements ne proposent, par exemple, que les combinaisons maths approfondies + ESH et maths approfondies + géopolitique).

Si tu hésites encore sur tes choix de matières, je te conseille par sécurité de mettre toutes les combinaisons qui t’intéressent pour les établissements auxquels tu postules (en faisant attention à vite les libérer par la suite pour ceux en liste d’attente !). À noter que tu pourras être accepté dans un établissement pour une certaine combinaison mais pas pour une autre.

Ensuite, je réitère mon conseil formulé précédemment : si tu es convaincu de ta préférence pour une certaine combinaison, privilégie cette dernière quitte à prendre une prépa un peu moins bien classée. Pour ma part, j’ai carrément refusé Henri IV car ils ne me proposaient pas de place dans la filière ESH et maths approfondies ! Aussi, je n’ai postulé pour aucune prépa qui ne proposait pas d’ESH, alors même que certaines d’entre elles étaient parmi les meilleures en France.

3) Faut-il travailler l’ESH avant de rentrer en prépa ?

Ça y est, tu es pris en prépa et tu penses à t’avancer pour la rentrée ! Si tu lis cet article, c’est probablement que tu es motivé à tout casser en prenant de l’avance sur les autres et c’est super d’avoir cet état d’esprit. Attention cependant à éviter certains pièges dans lesquels la plupart des étudiants, moi y compris, tombent.

Tout d’abord, le plus important pendant ces vacances est de te reposer et faire le plein d’énergie pour la rentrée. Je te conseille pour cela de commencer tranquillement le travail en août et de graduellement augmenter le rythme pour arriver prêt à la rentrée. Donc ne culpabilise pas d’organiser des activités avec tes amis, de faire du sport ou tout simplement de glander pendant ces dernières “vraies” vacances avant 2 ans.

De plus, je pense sincèrement que s’avancer sur le programme d’ESH pendant l’été est totalement contre-productif !

On m’avait par exemple demandé de ficher trois chapitres d’un manuel d’ESH pendant les vacances avant la prépa. J’y avais passé des heures à essayer de comprendre le cours et à le ficher. Je me souviens avoir presque regretté mon choix de faire une prépa avant même de la commencer…

Résultat, je n’ai jamais réutilisé ni même relu ces fiches ! En ESH et en prépa en général, les attentes sont tellement différentes par rapport à la Terminale qu’il faut vraiment attendre le début de l’année pour apprendre à bien ficher un cours.

Ce que je te conseille pour préparer au mieux ta rentrée est de te concentrer sur les autres matières : apprends dès maintenant à utiliser Anki, commence à apprendre du vocabulaire en langues, consolide tes connaissances en maths, lis des œuvres littéraires qui te plaisent et que tu pourras éventuellement réutiliser en dissertation…

4) Méthodologie dissertation d’ESH en prépa ECG

1) Rédiger une introduction parfaite en ESH

L’introduction est la première impression que le correcteur se fait de ta copie, c’est donc un moment crucial de ta dissertation ! Il faut qu’elle soit soignée, claire et précise, afin d’envoyer immédiatement le bon signal au correcteur : “j’ai compris les attentes de la dissertation”. Pour cela, je te conseille de toujours suivre la même structure qui consiste à faire 6 parties en faisant un alinéa (mais pas de saut de ligne) avant chaque partie. Ces parties qui constituent ton introduction sont les suivantes :

Une accroche : un fait d’actualité, un chiffre percutant, éventuellement une citation. Attention cependant à éviter l’erreur fréquente de faire une accroche juste pour en faire une sans expliciter son lien avec le sujet. Même si tu trouves le lien avec le sujet évident, il faut au moins une phrase qui l’explicite pour ton correcteur, de telle sorte que ton accroche montre ta compréhension du sujet.

Une définition de TOUS les termes du sujet. Dans la plupart des énoncés de sujets d’ESH, il y a du vocabulaire économique que tu sauras définir grâce à ton cours, mais il y a aussi des termes de la vie courante qu’il faudra aussi que tu définisses ! Par exemple dans mon sujet de concours “La décroissance peut-elle être compatible avec l’État-providence ?”, je pense qu’il était valorisé de définir non seulement la décroissance et l’Etat-providence (grâce aux définitions du cours), mais aussi le terme “compatible” (qu’est-ce que ça veut dire dans ce cas que l’un est compatible avec l’autre ?) et le verbe “pouvoir” (ici on cherche bien la possibilité d’une compatibilité).

Une contextualisation. Son but est de montrer que le débat sous-jacent au sujet s’inscrit dans l’histoire économique et dans des courants de pensées.

o Cette contextualisation est essentielle pour plusieurs raisons. Tout d’abord car une approche historique est attendue dans ta dissertation (ce n’est pas pour rien que la matière s’appelle “Economie, Sociologie et Histoire du monde contemporain”). Ensuite car la contextualisation pourra dans certains sujets servir à ta problématisation. Par exemple pour un sujet du style “Les marchés financiers sont-ils efficients ?”, le fait même qu’il existe un débat entre courants de pensées sur l’efficience des marchés est une manière de problématiser le sujet.

o La contextualisation est d’autant plus importante lorsque ton sujet est un sujet d’actualité. Reprenons l’exemple du sujet sur la décroissance et l’État-providence : il était à mon avis valorisé d’évoquer le fait que les débats sur la décroissance ne sont pas totalement nouveaux !

Une problématisation. Elle doit montrer qu’il y a une tension dans le sujet, qu’il y a un problème, un débat sous-jacent à la question posée. La problématisation doit justifier la pertinence du sujet. Par exemple, sur un sujet “Faut-il se satisfaire du SMFI mis en place dans les années 1980 ?”, tu peux en introduction expliquer dans quelle mesure les bienfaits du SMFI (système monétaire et financier international) sont ambivalents, ce qui justifie de se demander s’il est satisfaisant.

Une problématique. Elle doit être percutante et tenir en une phrase. Tu peux même sauter une ligne pour bien la mettre en évidence et faciliter le travail du correcteur.

Une annonce de plan. Elle est essentielle pour guider ton correcteur dans ta dissertation. N’aie pas peur de te répéter : mieux vaut un style un peu lourd, mais qui permette au correcteur de comprendre où va ta copie, qu’un style très élégant mais qui le perdrait.

2) Rédiger des paragraphes percutants en ESH

Sur la forme

En ce qui concerne le nombre de parties, tu vas trouver plein de recommandations différentes sur internet. Je te conseille d’essayer autant que possible de faire 3 parties. Au sein de ces parties, tu as le choix entre 2 ou 3 sous-parties.

Mon conseil serait d’opter pour 2 sous-parties au sein de chaque partie, simplement parce que tu n’as pas réellement le temps de faire plus. Mais ce n’est vraiment pas dramatique si une partie a 2 sous-parties alors qu’une autre autre en a 3, du moment que les parties restent de longueur plus ou moins équivalente. Au sein de chaque sous-partie, tu peux faire des paragraphes pour marquer les étapes de ton raisonnement. Je te conseille de ne pas dépasser 3 paragraphes et de revenir à la ligne sans alinéa pour chaque paragraphe.

Une partie commence par un chapeau introductif qui annonce la thèse de la partie et son plan (c’est-à-dire les arguments développés dans les sous-parties). Voici un exemple de chapeau introductif que j’ai rédigé en DS : “Il semble en premier lieu tout à fait possible de croire en la pérennité de la zone euro au vu des avantages conséquents de l’utilisation d’une monnaie unique (A), de la convergence des économies qui devrait résulter de la formation d’une zone monétaire (B) et des preuves récentes de la résilience de celle-ci (C).”

À la fin de chaque partie, je te conseille de faire un petit paragraphe avec un résumé de la thèse globale de la partie (en essayant d’utiliser une formulation différente de celle dans ton chapeau introductif) et d’une transition vers la partie suivante.

Il est important d’adopter une mise en page cohérente tout au long de ta dissertation, pour que ton correcteur comprenne à tout moment où tu en es.

Sur le fond

Tu peux dire des choses super intéressantes, mais si elles ne répondent pas directement au sujet elles ne te rapporteront aucun point et pire pourront t’en faire perdre ! Après 2 ans de prépa, tu auras plein de références et la tentation est grande d’en caser le plus possible pour impressionner le correcteur. Mais il faut vraiment que tu gardes à l’esprit qu’une référence qui ne répond pas directement au sujet ne pourra pas te faire gagner de points.

Comment alors rédiger de bons paragraphes ? Je te conseille d’utiliser la méthode AEI : argumentation, explication, illustration. Tu dois toujours commencer ton paragraphe par ton argument et il faut surtout que tu évites d’utiliser des auteurs ou des ouvrages au moment de l’énoncer. L’idée est de donner l’impression que l’argument vient de toi pour ensuite seulement l’illustrer par un auteur ou un exemple. De plus, ton argument doit toujours répondre explicitement au sujet. Une bonne façon de s’en assurer est de réutiliser les termes du sujet dans chaque argument. Je te recommande aussi de conclure ton paragraphe en réexpliquant brièvement ton argument et en insistant sur la manière dont il répond au sujet. Il vaut toujours mieux se répéter qu’être pas clair ! Donc la chose essentielle à retenir : d’abord l’argument et son explication, puis l’auteur ou l’exemple pour l’appuyer (et dans le meilleur des cas les deux).

Comment intégrer des schémas ? Il est intéressant et valorisé (mais pas nécessaire) d’utiliser des schémas en dissertation pour illustrer ton propos. Les seules règles à respecter sont de nommer les axes, de donner un titre au schéma et de l’expliquer au moins brièvement.

3) Rédiger la conclusion en ESH

La conclusion est composée de deux parties :

• Un récapitulatif de ton raisonnement. Pour réussir ta conclusion, essaye de prendre de la hauteur en résumant uniquement les points importants de ton raisonnement. Donc ne t’éternises pas et va droit au but !

• Une ouverture. Celle-ci n’est pas essentielle : tu peux obtenir une très bonne note avec une ouverture pas dingue. Simplement, n’en fais pas des caisses si tu n’es pas convaincu par ton ouverture.

4) La méthodologie est-elle la même pour les colles ?

La méthode de la colle d’ESH est sensiblement la même que l’épreuve de la dissertation, à l’exception que la colle est un format qui permet plus de liberté et de flexibilité. Attention, plus de liberté ne signifie pas moins de clarté ! La colle étant une épreuve orale, il est encore plus important de marquer les étapes de ton raisonnement pour que le jury suive ce que tu as à dire. Quelques conseils qui peuvent t’aider : fais une annonce de plan, fais des pauses à la fin de tes arguments pour montrer que tu passes à une sous-partie différente, indique quand tu passes d’une partie à une autre.

Si tu veux approfondir la méthodologie avec une analyse de copie en vidéo, je te conseille de regarder la vidéo suivante :

5) Comment travailler l’ESH en prépa ECG ?

1) Combien de temps consacrer à l’ESH ?

Je ne t’apprends rien en te disant qu’en prépa, ton temps est compté et qu’il faut donc le répartir le mieux possible. Cette répartition du temps de travail entre les différentes matières dépend de deux choses : leur coefficient et ton niveau dans ces matières.

Grâce au tableau ci-dessous, tu peux constater que l’ESH est la matière avec le 2e plus gros coefficient, que ce soit en maths approfondies ou en maths appliquées. S’il est clair que ceux en maths approfondies doivent allouer sensiblement plus de temps aux maths qu’à l’ESH, la question se pose pour ceux en maths appliquées. Je conseille aux maths appliquées d’accorder tout de même plus de temps aux maths, surtout pour ceux qui rencontrent des difficultés dans cette matière. En effet, l’investissement en maths est forcément rentable car c’est une matière « sûre » avec peu de surprises le jour des concours.

2) Comment prendre son cours en note ?

Tout d’abord, il est primordial que tu suives tes cours avec une concentration maximale et en t’appliquant sur ta prise de notes. Faire l’effort d’avoir une prise de notes efficace et complète est un réel gain de temps pour ton travail personnel !

Ton objectif lorsque tu prends ton cours en note est de le rendre le plus clair et compréhensible possible. Pour cela, je te conseille de ne pas prendre tes notes de manière linéaire quand tu suis le cours mais de les organiser par arguments d’auteurs. Ce sont en effet les théories des auteurs qui sont importantes pour ton apprentissage. De plus, organiser ton cours de la sorte te permettra de le compléter si tu trouves des informations complémentaires sur les thèses des auteurs. Tu peux par exemple mettre tous les auteurs et ouvrages en couleur.

Petite astuce : si tu écris à l’ordinateur, tu peux créer des raccourcis clavier pour gagner en rapidité dans ta prise de notes. Par exemple en utilisant le raccourci « cr » pour « croissance ».

6) Deck Anki ESH : la meilleure méthode pour apprendre son cours ?

Anki n’est pas le logiciel le plus sexy ni le plus intuitif au début, mais je te promets qu’il a révolutionné ma méthode d’apprentissage en prépa. C’est à lui que je dois mon admission à HEC (j’utilisais Anki pour chaque matière) ! Je ne reviendrai pas dans cet article sur le fonctionnement de Anki (tu trouveras plein de ressources sur internet pour apprendre à l’utiliser), mais plutôt sur la manière de l’utiliser pour l’ESH.

1) Comment faire ses cartes Anki en ESH ?

Pour simplifier, distinguons 3 types de cartes Anki : les cartes sur les auteurs et leurs thèses, les cartes sur des exemples ou des chiffres et les cartes sur les définitions.

1. Les « cartes auteurs »

Mon premier conseil est d’adopter pour toutes tes cartes une certaine structure qui consiste à commencer chaque carte par : nom de l’auteur, date, ouvrage. En faisant ça, tu t’assures d’avoir toujours une référence précise à citer pour chaque argument d’auteur que tu utilises. Cela donne énormément de poids et de crédibilité à ta copie !

Ensuite, pour créer une carte parfaite, il faut mettre en avant le vocabulaire spécifique de l’auteur. Le vocabulaire utilisé est vraiment important en ESH : c’est ça qui te distingue des autres copies parce que ça donne l’impression que tu as réellement lu l’auteur (peut être que c’est même le cas et tu l’as lu, mais on sait tous que c’est assez rare…).

Pour identifier le vocabulaire spécifique d’un auteur, regarde d’abord quels mots se répètent dans ton cours. Ensuite, tu peux ouvrir une page Wikipédia et voir si tu retrouves certains mots de ton cours ; c’est souvent un bon indicateur ! Par exemple si tu fais une carte sur Hayek, mets en évidence les mots “catallaxie”, “taux d’intérêt naturel”, “mal-investissement”, “détour de production”, etc.

Si tu veux apprendre des citations, tu peux mettre dans ton recto « + 1 citation » pour qu’au moment où tu apprends ta carte, tu te rappelles qu’il y a une citation dont tu dois te remémorer. Je te déconseille de faire des cartes avec uniquement des citations, car une citation doit en copie toujours être expliquée et utilisée pour appuyer un argument (et non constituer à elle seule un argument). Connaître plein de citations ne te sert donc à rien si tu ne sais pas les expliquer !

2. Les « cartes exemples ou chiffres »

Avant de créer ta carte, demande toi quel argument ton chiffre ou ton exemple illustre. Ensuite, crée ta carte avec au recto « exemple de X » ou « chiffre qui montre que X ».

Si ton chiffre illustre la thèse d’un auteur qui est dans une autre carte Anki, tu peux l’indiquer dans ta carte afin de faire le lien entre la thèse de l’auteur et l’illustration par le chiffre, pour ensuite les recaser ensemble en copie.

Fais aussi attention à la difficulté de tes cartes : une carte avec des chiffres beaucoup trop précis et trop difficiles à apprendre ne te servira à rien.

3. Les « cartes définitions »

Faire des « cartes définitions » dans Anki t’assure de pouvoir définir les termes du sujet plus précisément que la plupart des étudiants, et donc de te distinguer dès l’introduction !

Pour ce type de carte, rien de plus simple : tu mets au recto « def X » et au verso la définition de X.

Il y a une petite subtilité si tes définitions sont tirées d’un ouvrage d’auteur. Dans ce cas, adopte la même structure que pour les « fiches auteurs ».

2) Quel contenu mettre dans Anki ?

En utilisant l’application et en constatant tout ce qu’elle permet d’apprendre, il devient tentant de mettre littéralement tout son cours d’ESH dans Anki. Grave erreur ! Cette méthode n’est pas soutenable à long terme. En effet, chaque carte ajoutée va augmenter le nombre de cartes que tu devras quotidiennement réviser pour être à jour sur ton Anki. La charge de travail devenant trop importante, tu risques d’abandonner et de ne plus réviser tes cartes. C’est une erreur que j’avais faite en première année en créant beaucoup trop de cartes pour certains chapitres. Résultat : je me suis retrouvé avec 150 cartes “inutilisables” que je n’ai plus révisées de ma prépa…

Comment alors choisir quelles informations rentrer dans Anki ? Il faut pour cela distinguer deux types de références dans ton cours d’ESH : les références canoniques et les références moins connues ou moins centrales. Toutes les références canoniques doivent être rentrées dans ton Anki (ou apprises d’une manière ou d’une autre) car elles seront attendues par le correcteur le jour des concours. Mais pour les références moins connues ou très précises, tu peux décider de faire l’impasse dessus.

3) Comment réviser l’ESH en prépa ECG avec Anki ?

Il est assez clair de comprendre comment réviser les « cartes définitions » et les « cartes exemples ou chiffres ». Pour les « cartes auteurs », c’est un peu moins clair. Comme tu le vois, mes « cartes auteurs » pouvaient parfois être assez denses. Le but n’est évidemment pas de connaître la carte mot pour mot (même si tu verras qu’à force de revoir tes cartes, tu en connaîtras certaines par cœur). Ce que tu dois connaître sur le bout des doigts est l’auteur, la date et l’ouvrage (qui sont en haut de ta carte). Quand tu révises ta carte Anki, tu dois essayer de refaire le raisonnement de l’auteur dans ta tête, en essayant de te rappeler du vocabulaire spécifique de l’auteur et des mots-clés que tu as mis en gras. Si tu sens que tu peux réexpliquer le raisonnement de l’auteur à l’oral ou à l’écrit, c’est que ta carte est bien maîtrisée. En revanche, si tu te trompes sur l’auteur, la date, l’ouvrage ou si tu ne peux plus expliquer le raisonnement, alors ta carte n’est pas bien connue.

7) Comment utiliser des ressources extérieures à son cours (sites internet, manuels, articles…)

Le cours donné par ton professeur doit constituer la base de ton travail. Toutefois, tu peux utiliser des ressources extérieures qui peuvent beaucoup t’aider. Voici les différentes manières dont tu peux les utiliser.

Si tu trouves que ton cours manque de structure, tu peux utiliser un manuel ; ils sont souvent bien structurés. Le manuel que j’ai personnellement utilisé était le Précis d’économie d’Emmanuel Combe qui a l’avantage d’être assez concis et donc d’aller la plupart du temps droit au but.

Attention cependant aux manuels ou aux cours qui ne sont pas actualisés. Le problème des manuels est qu’ils manquent de détail et de données pour se différencier aux épreuves des écoles parisiennes. Ainsi, si tu penses que ton cours n’est pas assez complet, je te recommande d’utiliser dès que possible les fiches parfaites de Kinori en ESH. Ces fiches sont synthétiques, claires, et complètes. Elles te feront gagner du temps dans ta préparation. Elles couvrent tout le programme et plus : des exemples, théories, chiffres qui ne sont abordées que dans les meilleures prépas.

Si tu n’as pas bien compris la thèse d’un auteur, n’hésite pas à aller sur internet pour mieux la comprendre. Je te conseille vivement d’utiliser pour cela Wikipedia qui est très fiable et synthétique contrairement aux idées reçues. C’était littéralement mon sauveur en prépa ! Lire la fiche Wikipedia d’un auteur ou d’une théorie permet aussi d’avoir un regard neuf sur ce que tu étudies et d’identifier le vocabulaire spécifique de l’auteur ou les étapes clés de son raisonnement.

Si tu veux approfondir un auteur dont tu trouves la théorie intéressante, tu peux lire des articles écrits par cet auteur ou par d’autres économistes. Certains sont beaucoup plus abordables qu’on ne le pense et te permettront réellement de te démarquer le jour des concours. Si l’article est court, tu peux le lire en entier, mais pour les articles longs, je te conseille de lire uniquement le résumé du début ou de la fin, et à la limite quelques parties qui te semblent intéressantes.

Voici un exemple de fiche Anki créée à partir de la lecture d’un article d’André Orléan. Autant te dire que j’étais aux anges dès que je tombais sur un sujet ou une colle sur l’instabilité financière, car je pouvais ressortir avec précision la thèse d’un auteur reconnu. Tu remarqueras d’ailleurs que j’ai simplement copié-collé certaines phrases marquantes et compréhensibles de l’article afin de me les approprier.

8) Comment travailler l’ESH pendant les vacances entre les deux années de prépa ?

Les vacances entre la 1ère et la 2e année de prépa sont primordiales : elles doivent être à la fois reposantes et studieuses !

Pour ce qui est du travail en ESH, je te conseille avant toute chose de revenir sur tous tes cours de première année. Maintenant que tu as une année d’expérience en ESH, reprends les cours de début d’année qui sont souvent lacunaires ou mal organisés. Remets tes cours au propre et retravaille tes cartes Anki avec l’objectif de ne plus avoir à les retoucher jusqu’aux concours, sauf pour les réviser. Pourquoi ce travail est si important ? Parce que les sujets de concours portent sur le programme de deuxième ET de première année.

Par exemple, le sujet de concours 2023 “La décroissance peut-elle être compatible avec l’État-providence ?” porte sur un chapitre de 2e année mais aussi sur le chapitre sur la croissance qui est abordé en 1ère année ! Donc surtout ne t’avance pas sur le programme de 2e année si tous tes cours de 1ère année ne sont pas parfaits ! Tu verras, ça risque de te prendre plus de temps que tu n’imagines, je le sais d’expérience…

9) Comment aborder les épreuves d’ESH aux concours ?

1) Comment organiser sa période de révision ?

J’ai personnellement trouvé la période de révision assez stressante, notamment parce que j’avais l’impression de ne pas être assez efficace. On a souvent l’impression que tout se joue sur ces deux semaines, alors que ce n’est vraiment pas le cas ! Avec le recul, voici à mon avis comment aborder au mieux la période de révision pour l’ESH.

Si tu as révisé tes cartes Anki régulièrement pendant l’année, ne t’arrête pas en période de révision et continue à revoir tes cartes tous les jours. La seule différence est que tu peux te permettre d’ajouter plus de cartes que d’habitude, pour des informations de dernière minute que tu apprendras en une ou deux semaines avant les concours. Il n’y a en effet pas de risque que ces cartes t’encombrent à long terme. Ensuite, prévois de relire tes cours écrits pour te remettre dans le bain des chapitres et pour revoir tout ce que tu n’aurais pas mis sur Anki. Il est important de ne pas se limiter à Anki, car tes cours te donnent une vue d’ensemble des éléments importants du chapitre et sont plus dialectiques que les cartes.

Si tu n’as pas fait de Anki et que ta méthode d’apprentissage est différente, il faut que tu t’y prennes très tôt pour être sûr d’avoir revu TOUS les chapitres avant les épreuves. Commence à revoir tes cours au moins 1 mois avant les concours, en allouant à l’avance certains jours à la révision de tel ou tel cours afin d’être sûr de tout avoir revu pour le jour J. Tu ne peux pas te permettre de faire des impasses pour les concours !

Dans les deux cas, tu l’as compris, il ne faut pas attendre la période de révision pour commencer à réviser l’ESH ! Si tu passes Ecricome (ce que je te conseille !), prévois d’avoir fini tout le programme avant les épreuves Ecricome, de telle sorte que les jours de battement entre les épreuves Ecricome et les épreuves BCE te servent à revoir ce que tu n’as pas ou que partiellement revu. Tu peux aussi pendant cette période t’entraîner sur des sujets d’annales pour tester tes connaissances, mais fais attention à ne pas y passer trop de temps !

J’en profite pour te donner un conseil un peu plus général : la pire chose à faire pendant sa période de révision est de se tuer à la tâche et d’arriver cramé le jour des concours. Tu as déjà travaillé pendant 2 ans, ce ne sont pas les 2 semaines avant les concours qui vont tout changer. Ta priorité est donc de bien dormir, de faire du sport ou de prendre l’air, bref faire tout ce qui te permet de bien te reposer. Une bonne idée est aussi de travailler avec des amis, ça permet de moins stresser et de se motiver (je ne sais pas comment j’aurais tenu si j’avais été seul) !

2) Organiser son temps et gérer son stress le jour de l’épreuve pour performer

Ça y est, tu découvres enfin ton sujet ! À ce moment, il y a souvent deux cas de figure :

Tu trouves le sujet inspirant, tu as plein d’idées et tu as envie de te lancer tout de suite les yeux fermés. Dans ce cas de figure, il ne faut surtout pas se précipiter. Efforce-toi « d’oublier tes connaissances » le temps d’un instant pour réfléchir au sujet et à ses enjeux. Pourquoi est-ce qu’on me pose cette question ? Quels sont les arguments évidents qui sont attendus ? À partir de là, commence à élaborer un plan, mais laisse toujours les références de côté ! Ce n’est que dans un second temps que tu peux réfléchir à tes références et à comment les caser, en faisant bien attention à ce que la référence illustre l’argument et que donc l’argument vient d’abord ! C’est dans ces sujets “simples” que tu dois éviter d’inonder ton correcteur de références : choisis uniquement celles qui sont réellement pertinentes POUR LE SUJET. Ta note ne dépend pas de la quantité de références que tu utilises !

Tu tombes des nues devant le sujet et tu te demandes comment tu vas bien pouvoir remplir trois parties… Dans une telle situation, surtout ne reste pas passif. Commence à écrire sur ton brouillon, tu verras que ça t’aidera à trouver de l’inspiration ! À quoi ce sujet te fait-il penser ? Quels sont les arguments évidents pour un tel sujet ? Ensuite, tu peux réfléchir à des références à caser. Pour un sujet original, il y aura forcément moins de références et ce n’est pas grave ! Ce qui est attendu est une réelle réflexion de ta part. Si tu n’arrives pas à utiliser d’auteur pour un argument qui te semble central, surtout n’abandonnes pas cet argument et essaie plutôt de trouver un exemple ou des chiffres pour l’appuyer.

Je vais finir par une petite anecdote de mes concours. J’ai eu pendant mon épreuve d’ESH HEC un énorme doute sur ma deuxième partie. Tu vois ce moment où tu remets toute ta copie en question alors qu’il ne te reste plus qu’une heure d’épreuve. Ce qui m’a sauvé pour ne pas paniquer a été de prendre une « mini pause » qui consistait simplement à boire de l’eau et à manger une barre chocolatée. C’est pour ça qu’il faut toujours avoir de quoi manger et boire ! On ne le répétera jamais assez, mais si c’est difficile pour toi, c’est difficile pour tout le monde. Et si tout le monde panique et que toi tu arrives à rester calme et à faire une dissertation correcte, tu peux avoir une très bonne surprise !

Conclusion

Ce (long) article touche à sa fin. J’espère sincèrement qu’il t’aura été utile. Maintenant, c’est ton travail qui fera la différence. Toutefois, ça ne veut pas dire qu’il ne faut faire que travailler pendant deux ans. La prépa est longue et il faut trouver un équilibre : faire du sport, voir des amis, regarder un film de temps en temps, bien dormir… C’est cet équilibre qui contribuera à ta réussite ! Il ne me reste plus qu’à te souhaiter bonne chance pour ce parcours difficile mais tellement formateur qu’est la prépa. Une fois arrivé au bout de ces deux années, je peux te garantir que tu seras fier de ce que tu auras accompli !

Ressources

– Précis d’économie d’Emmanuel Combe : https://www.puf.com/content/Précis_déconomie_3

– Les coefficients BCE 2023 : https://www.concours-bce.com/sites/default/files/2021-11/Concours_BCE_2023_ECG_261121.pdf

– Annales d’ESH : https://www.annales-prepa.fr/esh/ecrits/